Push-Start : Made in France

Publié le par Nicolas Dufour

Quel avenir pour le jeu vidéo français ?

En avril 2004, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin dévoile à Poitiers une série de mesures en faveur de l'industrie française du jeu vidéo. Le secteur traverse une grave crise et c'est un signal fort qui est envoyé par le chef du gouvernement. Si les éditeurs ne manquent pas de manifester leur satisfaction, les joueurs en revanche menacent de tout lâcher quand ils entendent le premier ministre déclarer : "j'ai une Gameboy et je sais de temps en temps l'utiliser pour décrisper". Dans le mois qui suit, les ventes de Gameboy en France s'effondrent. Elles accusent une chute de 60% dans la plupart des régions. Seul le Poitou-Charentes semble relativement épargné avec un fléchissement de 45% en mai 2004. Hiroshi Yamauchi, PDG de Nintendo, alerté par la situation, décide de présenter dans l'urgence une nouvelle console portable au salon E3 de Los Angeles. La Nintendo DS est montrée pour la première fois au public. Certains analystes y voient un hommage à la voiture jadis plébiscitée par Charles de Gaulle, ce dernier étant l'idole des foules japonaises depuis près de 60 ans. Les mêmes analystes prévoient un désastre économique pour Nintendo.

De son côté, Patrick Melchior, directeur d'Eidos France, rêve "que le jeu vidéo calme la folie de l’homme et que celui-ci substitut ses ardeurs de guerriers par plus de virtualité." Les analystes pensent que c'est mal barré. Pendant ce temps-là, en France...

"Les pirates ont désormais beaucoup de soucis à se faire, le SELL ne les lâchera pas…"

Le message du syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs est on ne peut plus clair : fini de jouer. Quand les temps sont durs, les marchands de rêves ne caressent plus leurs clients dans le sens du poil. Achète ou crève ? L'adage a certainement de l'avenir en France et dans les autres pays européens. L'âge d'or semble en effet loin derrière les acteurs d'un secteur qui paye aujourd'hui encore les conséquences de l'éclatement de la bulle internet.

"Jeux vidéo: la création française en crise"

ZDNet France, 08-10-02 : Le marché des jeux vidéo n'est pas touché de la même manière par la crise que l'on soit créateur ou éditeur. Reste que la moitié des emplois qualifiés (1500 en France début 2001) auront disparu en 2002. Tout comme les fleurons Kalisto et Cryo.

La descente aux enfers est extrêmement rapide. Exemple emblématique avec le cas Philippe Ulrich : Moins de deux ans avant la faillite de Cryo, le gourou de la société lance Exxos, un label musical. Son premier coup : le nouvel album d'Henri Salvador, Chambre avec vue, un projet mis en oeuvre pour le plaisir. C'est un immense carton. Aujourd'hui, aucune trace d'Exxos, Cryo a sombré corps et bien et le mythique créateur de l'Arche du capitaine Blood semble justement être devenu au sens littéral une créature mythique.

Si l'expression French Touch a désormais une connotation très péjorative, il en est une autre qui aurait pu avoir son petit succès au coeur de la crise : Le French Paradox. Ainsi, en 2002 «l'industrie du jeu vidéo est la seule industrie culturelle où les entreprises françaises exportent plus des trois quarts de leur production, éditent régulièrement des succès internationaux et sont même parvenues à racheter de prestigieuses sociétés anglo-saxonnes». Tels sont les propos que l'on peut lire dans un rapport du ministère de la Culture daté de juillet 2002.

Le premier ministre au chevet du jeu vidéo français

Soucieux de venir en aide à un secteur économique en crise, Jean-Pierre Raffarin décide dès 2002 de débloquer une aide d'urgence d'un million d'euros, argent qui doit servir à la création de nouveaux projets. En 2003, il annonce un plan de relance de l'industrie du jeu vidéo et en 2004 il décide la création d’une école nationale du jeu vidéo qui doit ouvrir ses portes l'année prochaine à angoulême.

Push Start au chevet des associations oranges

Fin août 2004, La Jeunesse Gaulliste Orange décide d'enregistrer une émission de radio si formidable qu'elle sauverait à elle seule le jeu vidéo français et assurerait coke et chiennes de gardes à ses acteurs durant des décennies. Nicolas Perret, fondateur de l'association Jiraf n'est pas du tout au courant des projets Pushiens. Il se contente de répondre intelligemment aux questions qu'on lui pose. En tant que président de l'association "le Jeu vidéo et son Industrie Rassemblent leurs Acteurs Français", il livre ses réflexions quant aux actions à mettre en place afin d'assurer une pérennité à cette industrie.

L'avenir du jeu vidéo gratuit

Menacée d'implosion par des dissensions internes orchestrées par un leader trotskyste, la Jeunesse Gaulliste Orange opte pour la médiation et donne la parole à un jeune alsacien porteur de projet. Son of Destiny est un jeu amateur développé par LMEnt Studio qui devrait voir le jour d'ici quelques années. Son développement, bien que peu orthodoxe, tend à prouver que la passion reste le meilleur des carburants.

Vous pouvez télécharger l'émission à cette adresse : http://pushstart4.free.fr/PushStartRadio-12.mp3

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Publié dans Les émissions

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