D'autres Mondes sont possibles : Le traité pour la constitution européenne

Publié le par Marion H.

Le choix du collectif ATTAC : « oui à une autre Europe »

A l’occasion du référendum sur la constitution européenne, qui aura lieu le 29 mai prochain, le collectif ATTAC s ‘est réuni la semaine passée dans les studios de DECLIC. Plusieurs représentants du mouvement altermondialiste ont alors affirmé dans l'émission "D'autres Mondes sont possibles" leur position en faveur du non.

 

OUI à une Europe non-libérale

Difficile de se faire une opinion quand l’information est ardue ; mais quand en plus le texte se compose de 448 articles, 450 pages d’annexes et 50 protocoles, la motivation à tout comprendre s’amenuise.

 

Le collectif ATTAC profite de son émission réalisé dans les studios de Radio Déclic pour éclairer ce traité, en donnant son opinion quant au vote. Et celle-ci est catégorique : « OUI à une Europe non-libérale ». Autrement dit, NON au projet de constitution. La décision a été prise car dans ce traité, il s’agit de constitutionnaliser l’ordre libéral, que le collectif combat par ailleurs sur bon nombre de sujets. Cela-même alors que le libéralisme, pour les français, est relativement impopulaire.

C’est du reste pour cette raison, selon Nicolas Cléquin, que la notion d’Europe est de plus en plus utilisée, à la place de libéralisme. Certains responsables politiques se dédouaneraient ainsi de leurs responsabilités en affirmant que c’est l’Europe qui impose cela, et non un choix libéral de leur part. Sous couvert de l’Europe, des réformes sont donc imposées, elles occasionnent des dégâts de plus en plus importants sur le plan social, environnemental et expliqueraient, dans une certaine mesure, la montée de l’abstention et de l’extrême-droite, qui progresse en France et en Europe. De plus, comme le rappelle Patrick Bretenoux, ce texte est là pour imposer des politiques pendant trente ou quarante ans ; ce serait alors passer à une étape supérieure de la construction européenne, en imposant le Libéralisme pour une longue période, durant laquelle des politiques, sur lesquelles on pourrait très difficilement revenir, s’imposeraient à tout le monde. Le vote démocratique n’aurait alors plus autant d’influence.

 

Une Europe sociale impossible

La nouvelle Europe qui voudrait se construire avec la nouvelle constitution serait donc libérale mais totalement anti-sociale : une Europe de la concurrence où nous serions placés en guerre économique ouverte, où pour être compétitif nous aurions intérêt à payer le moins d’impôts possible, à avoir les salaires les moins élevés et les systèmes de protection sociale les moins développés. Une Europe sociale est ici impossible.

« Si on se place d’un point de vue libéral, on nous met face à une alternative terrible, qui est : soit vous vous repliez sur vous-mêmes, et un pays comme la Pologne ne se développera pas parce qu’on ne fera rien pour le développer, soit nous allons développer ce pays mais en licenciant des ouvriers français. » Les entreprises françaises qui vont licencier ici, ne vont en effet pas s’installer en Pologne pour payer les polonais au même tarif qu’ici. Ils vont y aller pour les payer au plus bas prix tout en bénéficiant de conditions de travail moins encadrées qu'en France. Un développement basé sur la concurrence comme celui-ci risquerait d’entraîner la haine des peuples les uns contre les autres.

 

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N
A titre d'information, une émission est en préparation avec l'association CRISTEEL.
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J
Il faudrait préciser que DECLIC invite les partisans du OUI à s'exprimer, en retour, à l'encontre de cette assertion négative. Nous devons en effet respecter une certaine parité dans le temps de parole consacré à l'un ou à l'autre des choix référendaires. Mais les partisans du OUI semblent moins motivés, et moins organisés.
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